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Au Niger, les forces américaines et les « instructeurs » militaires russes cohabitent sur la base de Niamey


Ayant ménagé la junte désormais au pouvoir à Niamey afin de préserver leurs intérêts militaires au Niger, les États-Unis ont connu le même sort que celui qui avait été fait à la France quelques mois plus tôt. En effet, en mars, les putschistes ont dénoncé les accords de coopération militaire conclus précédemment avec Washington. Et cela, après avoir scellé un rapprochement avec Moscou.

Un mois plus tard, les États-Unis ont fini par se résoudre à retirer leurs troupes du Niger [soit environ un millier de militaires] et, par conséquent, de renoncer à la base de Niamey et à celle, stratégique, d’Agadez. Cependant, les modalités de ce désengagement restent encore à préciser, la junte nigérienne n’étant pour l’instant pas disposée à autoriser les vols militaires américains, selon CNN.

« Les États-Unis enverront une autre délégation au Niger […] pour discuter plus en détail du retrait des troupes américaines », a d’ailleurs précisé Sabrina Singh, une porte-parole du Pentagone, lors d’un point de presse, le 1er mai. Pour le moment, l’échéance de ce désengagement n’a pas été fixée.

Cependant, les premiers « instructeurs » militaire russes, dont on ignore s’ils appartiennent à l’Africa Corps [ex-Wagner] ou s’ils relèvent des forces régulières, sont arrivés à Niamey à bord d’un Iliouchine Il-76. Ils vont « installer un système de défense anti-aérien » capable « d’assurer le contrôle total de notre espace aérien », a indiqué la télévision publique nigérienne, le 11 avril.

« Nous sommes ici pour former l’armée du Niger et l’aider à utiliser le matériel militaire qui vient d’arriver. C’est du matériel de différentes spécialités militaires. Nous sommes ici pour développer la coopération militaire entre la Russie et le Niger », a expliqué l’un de ces instructeurs russes, sur les mêmes ondes.

Selon un responsable du Pentagone et une autre source « proche du dossier » sollicités par CNN et l’agence Reuters, le contingent russe a pris ses quartiers sur la base aérienne 101 de Niamey, où des troupes américains sont encore présentes.

Même si les relations entre Américains et Russes sont actuellement tendues, en raison notamment de la guerre en Ukraine, cette proximité n’inquiète pas outre mesure Lloyd Austin, le chef du Pentagone.

« Les Russes se trouvent dans un complexe séparé et n’ont pas accès aux forces américaines ni à nos équipements », a-t-il en effet déclaré, alors qu’il était interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse donnée à Honolulu. « La sécurité de nos troupes est essentielle à mes yeux… Mais pour l’instant, je ne vois pas de problème majeur ici », a-t-il ajouté.

Cependant, si, effectivement, les contingent russe n’opère « pas dans le même espace que les Américains », la « zone » n’est pas non plus « très vaste », a souligné l’un des interlocuteurs de CNN.

Cela étant, en septembre dernier, le Pentagone avait indiqué qu’il allait repositionner une partie de son personnel et de ses moyens de la base aérienne 101 de Niamey vers la base aérienne 201 d’Agadez, « par précaution ».





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