Tribunal Criminel Special :Voici enfin les vraies raisons de l’audition de Louis Paul Motaze

• Paul Motaze, n’a pas été convoqué comme accusé.

• Il a été convoqué comme témoin .

• Son audition répond aux répond à une exigence du Fonds monétaire international (Fmi) .

Le FMI a exigé que le Cameroun rende compte des fonds qui lui ont été alloué pour la gestion du Covid-19. C’est dans ce cadre que Louis Paul Motaze ordonnateur principal des dépenses a été convoqué devant les enquêteurs du Tribunal Criminel Spécial. Le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, n’a donc pas été convoqué comme accusé, mais plutôt en tant que témoin. Ordonnateur principal du Compte d’affectation spéciale contre le COVID-19 (CAS COVID-19), le Minfi est celui qui a élaboré toutes les procédures de dépenses et le seul à même d’attester de la régularité ou non des opérations effectuées par ses collègues du gouvernement. Il est question d’expliquer aux enquêteurs comment les choses devraient être faites. Entamée le 28 juillet dernier dans son cabinet, son audition est censée s’achever ce vendredi. Visiblement préparé à cet exercice, Louis Paul Motaze a pris les devants en rendant public son rapport d’exécution sur le fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales.

Le rapport d’exécution sur les fonds Covid-19.

« Les dépenses totales réglées se chiffrent (…) à 161,9 milliards, soit 45,2 milliards de dépenses en avance de trésorerie au bénéfice exclusif du Minsante (Ministère de la santé publique, ndlr) avant la signature du décret de répartition des fonds COVID-19 et la mise en place du dispositif CAS COVID-19, et 116,7 milliards payées d’aout 2020 à mars 2021 (Minsante compris) dans le dispositif CAS COVID-19». En principe, les dépenses du Cameroun dans le cadre de la riposte à la crise sanitaire auraient dû s’élever à plus de 200 milliards Fcfa au terme de l’exercice 2020, à en croire l’argentier de l’État.

Le fait est que « 1012 dossiers [sont] en instance dans les différentes administrations, pour un montant de 42,7 milliards. Le montant des reports envisagés pour l’exercice 2021 s’élève à 40,5 milliards. Lorsque ces reports seront effectivement payés, cela portera le montant global exécuté du CAS COVID-19 pour le compte de l’exercice 2020 à 202,4 milliards », souligne le rapport qui mentionne d’autres écueils dans la gestion des ressources. Il fait référence ici à « la faible appropriation par un grand nombre d’administrations des procédures d’exécution des dépenses dans le circuit CAS COVID-19 ; la non régularisation par le Minsanté des avances de trésorerie consenties à son profit pour un montant total de 45,9 milliards ; la faible mobilisation des fonds de concours ».

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